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Autrefois, les pièces du jeu d'échecs Etaient sculptées dans le teck. Aujourd'hui l'homme et sa pensée pensante A fabriqué des pièces vivantes.
Une entreprise au hasard Regardons les pièces disposées sans art Et jouons !
Les pions sont les ouvriers. Un pion perdu C'est pas grave Ca se remplace. Il est bougé sans problème Même s'il est en danger. Un coup ici, un coup là Au gré des besoins. Le pion ne peut rien dire Il ne vaut rien S'il y a un problème C'est lui qu'on sacrifie.
Les tours, c'est déjà un peu mieux On en prend un peu plus soin. Ce sont les chefs d'équipe. Elles encadrent et parfois viennent en aide. Elles ont peu de liberté Prises par le système. On compte sur elles Pour guider les pions.
Les chevaux et les fous sont sournois Ils vont de biais ou de coin Arrivent sans prévenir Ce sont les contremaîtres. Ils sautent, s'affolent Mais ne servent pas à grand chose. Ils vont dans tous les sens Pour surveiller et punir. Ils ne protègent pas les pions, Ils se mettent derrière eux En cas de déroute, Devant si tout va bien. Ils ramassent les lauriers, Regardent les pions de haut, Font tout pour être bien vu du Roi, Se croient indispensables.
La Reine, cette grande baladeuse, Dirige tout, organise tout, N'admet pas la contestation. C'est le chef d'atelier ou l'ingénieur. Elle s'occupe de tout et de rien. Au départ, elle se met derrière les pions. Si la partie s'engage bien Elle les ignore et les oublie. Elle va souvent près du Roi Pour les consignes. Elle obéit aussitôt Et croit commander !
Le Roi reste dans son coin, Ne se mouille pas. Seul, il est perdu. Il ne pense qu'à se protéger. Tous ne prennent soin que de lui. C'est lui qui ramasse les bénéfices de la gagne … Airel
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